Pom po-pom pom pom…

En manque crucial de gars, la patrouille recrute.
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jeudi 21 avril 2011

TEST COMPARATIF ROLAND/PERCEVAL




Nos deux troupes font remonter leur ascendance spirituelle à deux héros mythiques, tous deux chevaliers, tous deux modèles pour les aventuriers du Moyen-Âge jusqu’à nos jours, mais la question se pose avec la même curiosité qui nous fait nous interroger sur si on est plutôt Cenovis ou Nutella, Slip ou Caleçon, ou qui marrave l’autre à la baston entre Sangoku et Achille Talon – Quand bien même la force du modèle ne fait pas celle de la Troupe –  Qui est le plus balèze entre Perceval et Roland ? Allez, paf, test comparatif !

Nom
Perceval le Gallois
Roland du Cor (c’est un instrument de musique, pas un nom, ça !)
PVL WINS
Hauts faits
Trouver le Graal, vaincre des chevaliers, briser des malédictions, tenter de sauver le Roi Pêcheur, etc.
Se faire trucider dans une embuscade et souffler dans une trompette. C’était pas vraiment le moment pour un concert, mais bon.
PVL WINS
Posterité
Parsifal (de Wagner) et Kaamelott (de Astier). 

Les biscottes “Roland”
Non mais sérieux. Y’a pas photo.

PVL WINS
Nationalité
Gallois(Faute ! il l’a déjà utilisé pour son nom !)
Français (bon, pas terrible, mais puisque Perceval a fait faute, vainqueur par forfait)
DRL WINS
Arme
Nom inconnu. Epée censée se briser lors du plus important combat.
Durandal. Donnée par Charlemagne, casse une montagne en deux avec.
DRL WINS
Origine
Orphelin de père, paysan, pauvre et abandonné.
Neveu du Roi de France(tcheu le favoritisme!)
PVL WINS
Caractère
Naïf, bête, pose des questions stupides, bourrin, distrait.
Elegant, noble, bon, sincère, juste… (bon, on a pigé)
DRL WINS
Google
7'440'000 résultats
6'290’000 résultats.
PVL WINS
Transport
A cheval (chevalier, quoi)
A pied.(pas les moyens de se payer un abo)
PVL WINS
Devise
« C’est pas faux ! »
« L’arrière-garde est attaqu…argh ! »
PVL WINS
Bilan : PVL  7 – 3 DRL.


PERCEVAL GAGNE ! 

Sans rancune,
Merlin.

mardi 25 janvier 2011

Journée Cantonale du 23 janvier !


Réunion. Tout le monde autour de la table papote en sourdine avec son voisin, en attendant que la dernière place se remplisse, celle du chef. Quand enfin il fut arrivé et eut commencé à déballer ses affaires, suant et ahanant sous le poids des dix étages sans ascenseurs du building de la BS qu'il fallait gravir pour parvenir à la salle de réunion le CB sur s'étala sur une chaise avec une aisance liquide et exigea qu'on lançât le powerpoint, ce qui réduit l'assemblée au silence. Hé oui, comme dans toutes les réunions, à la BS au conseil des actionnaires des chefs on se fait chier en matant un powerpoint.

"– Bon, bon, bon… Ordre du jour, bilan de la journée pseudo-cantonale…
– On a facilement 2000 balles de bénéfice, comme on voit sur ce graphique. On peut se repayer une Spatz pour les Grammont, j'imagine.
– Bah, c'est net, attends 10 balles pour un goûter, du thé et de la soupe en poudre, même les louveteaux ils ont compris qu'on les grugeait.
– Oui, mais bon, le but, c'est pas ça, c'est la réjouissance collective, la rencontre… Le partage… Le… Euh…"
Le CB se tut sous les regards des chefs où se mêlaient scepticisme, amusement et cynisme. Le Chef des Finances triturait une grosse liasse de billets en ricanant.
"– Bon, oubliez ce que j'ai dit.
– Sinon, on pourrait parler du score, peut-être ?, annonça la responsable de la Troupe Solalex."

Toussotements gênés en cascade. Oui, le score. Que dire ? Les premiers, les… Aubergines, avaient 5000 points, les deuxièmes en avaient 2800, et les sixièmes 700. Une victoire aussi écrasante c'est comme un match de foot qui termine 18 à 2, ça pue la corruption. (Par contre, au Gourdball on termine toujours avec des scores qui feraient croire que les élections en Corée du Nord sont très disputées.)

"– Bon, récapitulons, la monnaie, c'était impossible de tricher, hein, personne savait que ce serait des pâtes. Des pâtes différentes, en plus. Un truc rare.
– En plus, on était dimanche, tout est fermé.
– Sauf les Coop Pronto et les stations services. Une broutille.
– Surtout que la station service la plus proche elle est à, ohf, au moins deux cent mètres.
– Ouais, c'est tellement loin que personne penserait à y aller.
– Ouais. 
– Ha ha.
– Ha.

"Putain de pâtes ! Le marché s'effondre ! Bordel de merde !"

– Bref, reprenons. Il fallait faire un poste pour obtenir un métier. Infaillible.
– Ouais, moi, j'ai mis étourneau minutieux sur le coup. " 

Oui, y'a encore des totems à adjectifs à Sauvabelin, voilà. Passons sur le récit des postes. Il s'agissait de caser des légumes à la bonne saison pour être maraîcher, de deviner quel fromage venait du lait de quel animal pour être fromager, de dessiner des poissons le plus vite possible pour être poissonnier, reconstituer des puzzle d'animaux pour être boucher, de discerner un objet du bout des doigts dans un sac de farine pour boulanger, etc.
A quoi cela servait-il ? Qui le savait ? Ohf, pas de scénario, pas de contexte. Vous êtes les Aubergines (Mais c'est un nom de merde, chef !) point barre. Trouvez vous un métier et revenez manger. Bon. Retour à la réunion.

"– Bon, donc les postes c'était bon. Maintenant, une fois que t'avais ton métier tu devais dessiner des trucs en rapport avec ledit métier et les faire valider pour gagner ta thune.
– Ouais, mais chez les Aubergines y'a des gars qui ont réussi à se retrouver avec sept métiers chacun.
– …Ensuite… Ben non, on a fini de résumer le jeu, en fait.
– On s'était donnés dîtes-donc."

Voilà qui résume bien la complexité de la chose.
Tout le monde fixa sa feuille et il se fit un court silence.

"– Qu'est-ce qu'on avait oublié ?
– Montbenon."

Tout était dit.
Silence maussade. Le Chef des Finances essaya bien d'agiter sa liasse pour le principe, mais même l'appât du gain ne fit pas sourire.

*
*   *


La patrouille Vautour avance, renversant et dépouillant les louveteaux, faisant des croche-pattes aux autres, volant les béquilles des handicapés, crachant dans les foulards qu'on roulait, attachant ensemble les lacets de ceux qui faisaient du tir à la corde, bref, ils mettaient de l'ambiance.
L'Empereur d'Occident le CP Vautour s'avança et les invectiva :

"– Bande de tas de neige, vous étiez où ? Les autres font avancer le jeu et vous glandez, je sais que le jeu est pas terrible, mais bon.
– Ben, en fait, on a vu ce que c'était la monnaie du jeu, et…
– Et ? D'ailleurs, c'est quoi la monnaie ?
– Tiens, chef, c'est marrant, vous nous dîtes de pas glander et d'un autre côté vous êtes même pas foutu de savoir ce que c'est la monnaie du jeu, ça c'est dingue, dîtes-donc.
– Bon, ça va, répondez, vous étiez où ?"

Pour toute réponse Moret me prit la main et la colla (cette phrase pourrait très mal finir) sur sa poche gauche, qui pendait au genou comme sur le pantalon de G.I. Joe ; poche que je sentis pleine d'au moins un kilog de pâtes.
Mon regard ébahi les fit ricaner et leur rendit la parole :

"– Ben, en fait, y'a des penne (en fait, des pennette rigate), des cornettes et des fusilli. Et Moret, il avait un plein paquet de cornettes, hihihi.
– J'habite pas loin, précisa le titan.
– Ouais, et Nicolas il a acheté un paquet de penne à la station service.
– Mais ça va se voir, elles sont trop longues, Dis-je en les examinant.
– Ouais, c'est pour ça qu'on les balance un peu partout, et après c'est les autres qui se font accuser de tricher, hihihi.
– Ou sinon on peut racheter les dessins des louveteaux. Ca s'appelle du blanchiment d'argent."

C'est ainsi que se passa l'après-midi, au milieu des lancements de pâtes entre les jambes attachées de ceux qui s'appretaient à faire une course à pieds joints et les regarder s'entre-trébucher pour atteindre ces pâtes, sans savoir qu'elles sont fausses.
Cela déclencha une crise majeure, vous vous en doutez bien. Hihihi.


"Saleté de Montbenon ! Avec quoi je vais nourrir mes gosses, maintenant ?!"


*
*   *


Mais l'apothéose fut quand même atteinte auprès de l'étang. Il convient de faire un flashback
23 janvier. Il fait froid et le vent mord sous l'étoffe, les dents aiguisées par un Janvier maussade. Aussi, l'étang eut la politesse d'être profondément gelé, laissant dépasser çà et là des branches ou des feuilles prises par le gel. Pourtant, certaines brigades cultivant la stupidité joviale, on vit un grand nombre de semelles arpenter la mince surface de glace, frappant en cadence ce qui, justement les séparait de l'eau glacée. Inutile de disserter sur l'origine de leur psychose comportement, signalons simplement que leur foulard n'était pas vert, et qu'à l'épaule, au lieu d'un noble château, figurait un arbre.
(Et que leur nom est légion, car ils sont nombreux. Bref.)


"Mais chef, si j'danse sur la glace, c'est pour faire comme dans Happy Feet, lolilol !"

Nous encouragions les quelques courageux qui s'aventuraient sur la pellicule d'eau solidifiée par le froid. Ce faisant, d'autres lançaient des bouts de bois ou des graviers avec la même volonté de destruction, mais sans plus d'effet que voir leurs projectiles rebondir, voltiger et éborgner les spectateurs qui entouraient l'autre bord de la mare. Inconséquents ou simplement sadique, ni les cris de douleurs des blessés, ni l'inefficacité manifeste de leurs actions ne les détournèrent de leur tâche(Notons que Pierre agissait de même mais avec un pavé). Aux alentours de midi, un d'entre eux parvint à fendre la surface gelée et à avoir de l'eau jusqu'aux aisselles sous les houris de ses camarades. (Bravo, tu t'es cassé la figure dans de l'eau gelée, tes parents doivent être fiers de toi) Ce qui fait qu'un minimum de bon sens poussa les chefs à éloigner leurs gars de l'étang comme si, soudainement, il s'était rempli d'essence et que lesdits éclais se fussent mués en allumettes.

Après le repas commun où nous eûmes le plaisir de boire de l'eau chaude avec un arrière-goût de viande avariée et de produit vaisselle de la soupe en poudre (tout dégénéra lorsque Moret en eut reçu sur la figure et que, exhalant la vapeur comme une cocotte minute et tordant en tous sens ses yeux rougis par la brûlure, il s'exclame : "AAAAAAAAAAAAAAAAARRHHHHH ! C'EST CHOOOOOOOOOOOOOOOOOOO !", et que chacun reprenne ce cri de guerre), nous revînmes à cette étendue aqueuse qu'on nomme "étang", "mare" ou "grosse flaque de pisse gelée".
On ricana en voyant le flanc de banquise brisé, morcelé, unique vestige de la chute de l'imprudent de Sauvabelin. La couche cristalline qui restait était toutefois criblée de trous laissés par le pavé que Pierre s'amusait à y lancer, des fissures  s'amusaient à relier les orifices, y dessinant des étoiles comme sur un pare-brise de véhicule policier laissé en banlieue française plus de cinq minutes.

On tenta d'y appuyer le pied. La banquise se détacha complètement des bords pour se faire iceberg. La plaque, qui ne restait solidaire que par habitude, oscilla lentement sur la mare.  Sous la pression pédestre, de l'eau reflua des trous qui la parsemaient, glissant subitement du côté ou penchait la galette gelée. les fissures se firent plus visibles. Parfait.

On avisa un groupe de jeunots un peu plus loin, en prenant un ton de présentateur de télé-achat :
"– Ohlala ce que tu es riche, Loic.
– Hé oui, Pierre, j'ai tout un tas de pâtes.
– Donne-les moi donc, j'en ai fort besoin.
– Non, il ne peut en être question, car j'en ai personnellement l'usage. Ouille. Aïe.
– Oui, puisque tu ne veux point me les rendre je te les prendrai par la force.
– Gros malin que tu est, elles m'ont glissé de la main pour tomber sur la glace.
– Ohlala, c'est pas de chance du tout."

Les jeunes éclais redressèrent l'oeil pour vérifier l'existence desdites pâtes.

"– Y doit y avoir pour au moins cent points. 
– Oh oui."

Les Sauvabelinards se décidèrent tout à fait et se bousculaient déjà pour enjamber la barrière, nullement dissuadés par la mouvance du support glacé. Leur poids plume vint caler l'iceberg et lui assurer un semblant de sécurité. La patrouille Vautour, les mains pleines de fausses pâtes, souriait jusqu'aux oreilles de cette inconscience si pure et innocente. On relançait des pâtes, visant les points sensibles, les carrefours de fissures, les voyant peiner à les atteindre, redoublant de précautions.
Les louveteaux éclais prépubères suaient devant le danger mais ils risquaient cependant leur vie (ou une bonne pneumonie, au moins) pour ces pâtes. Et nous on se marrait, parce que bon, c'étaient des fausses, hihihi.

*
*   *

…To be continued…



jeudi 13 janvier 2011

Et comme Cendrars, il passa de la plume à l'écran.

L'homme se tenait la tête et regardait la masse de feuillets qui encombraient son bureau. Il releva les yeux,  la vision troublée, la faute aux lunettes qui lui pendaient des oreilles. Il réajusta ses binocles et contempla l'écran. qui émergeait de l'océan de papier comme un iceberg devant le Titanic.

Il avait écrit plus que le monde ne pouvait en supporter. Il avait déversé sang et encre, nuit et jour, sur papier et sur kilo-octet, et croyez-vous qu'on a accueilli ses écrits avec allégresse, en le suppliant de pardonner notre ignorance, comme on aurait dû le faire ? Non, non. Peut-être n'était-on pas près. Peut-être tenait on encore aux plumes sèches et froides. Mais toujours est-il que les imprimeurs, les libraires, toute cette societé philosophique ne publia pas son oeuvre.

Il regardait ses prédécesseurs comme Charles II, déshérité du trône d'Angleterre, triturant ses derniers deniers, regarde Louis XIV passer dans les rues en fanfare dans le Vicomte de Bragelonne. Lui il ressassait sa plume en lisant les articles emplis de bien-pensance de la Cloque. Il triturait bien d'autres appendices, il faut le dire, toujours dans l'espoir d'obtenir de l'avancement, mais rien n'y fit.

Ce binoclard de merde ultra-talentueux, c'est Husky, collègue d'écriture, sinon de patrouille.

Mais bientôt, la faillite des imprimeurs éleva les véhémences, frustra les plumes, hérissa le poil de nos pinceaux, et bientôt, en fait de sang et d'encre, c'est sa bile, que chacun se mit à répandre à travers ses textes. Bientôt, on parla de nous, souvent en frappant du poing sur la table et en hurlant avec un accent allemand, mais on parlait de nous.
Était-ce trop tard que les clés de la Cloque nous vinrent en mains ? Peut-être. Toujours est-il que Husky, lassé par le texte, se mit à l'image et au son. La vidéo PVL était née. 



Souhaitons lui un long avenir.

dimanche 20 juin 2010

Plaque Vautour (1)



J'aime plutôt bien les séries policières.

Je rêverais de défoncer une porte en hurlant "FBI ! Personne ne bouge !". Alors que les copeaux de bois voltigeraient encore dans l'air ambiant, formant de splendides tourbillons, je planterais sous le nez ébahi du propriétaire de la maison une plaque rutilante, marque de mon autorité.

Au-delà de mes fantasmes de violence policière, je trouve injuste que ces glandus du FBI aient le privilège de l'insigne et pas nous, patrouille Vautour. Imaginez l'officialisation des vols de nourritures auxquels nous nous livrons : on montre la plaque, les autres patrouilles, vaincues par la splendeur brillante de nos badges, se laissent déposséder de leurs biens. Plus de problèmes.

Donc, il nous faut une plaque. Le flingue, on l'a déjà, c'est très surfait. Et pas assez bling-bling. Par contre côté brillance gratuite et moche, on est servis avec leur badge :



Ce truc laid me donne le droit d'exploser des portes. C'est génial.

Franchement, cette plaque, elle pue. Elle veut rien dire. Elle est laide. Les pattes de l'aigle ne ressemblent à rien. Et puis ce choix d'animal, franchement. A croire que les empires souffrent d'un tel manque d'imagination qu'ils se reportent sans cesse sur l'aigle. Empire Romain, Byzantin, Russe et même le Saint Empire Romain Chrétien, tous flamboyaient d'aigles.

Alors que l'aigle, c'est une quiche. Il bouffe des lièvres et des musaraignes, des blaireaux et des serpents. Sans déconner, c'est quoi cette alimentation ?

Alors que les vautours se nourrissent de vaches et de moutons (étant donné la déliquescence des aurochs et des chamois). Tu te rend compte ? Ils mangent comme nous.

Quoi, charognards ? Tu veux dire qu'ils mangent des cadavres ? Mais j'espère bien, dis donc. Personnellement, je ne mange que des viandes mortes. J'ai toujours trouvé infâme de dévorer un animal encore vivant. Et puis, des études récentes montrent que les Tyrannosaures auraient été charognards, donc chut.

Après cette preuve sans pareille de la prédominance du vautour sur le reste du règne animal, annonçons le propos : il était question d'ajouter au patrimoine de la patrouille des plaquettes justement à l'effigie de notre animal de prédilection (non, ce n'est pas le bigorneau, essayez encore) et de notre emblème iconique : le V vautour. Son histoire est loin d'être palpitante, aussi vous m'excuserez de ne pas la mentionner. Bref, l'idée c'était d'y reproduire le motif qui orne déjà nos T-shirt : le blason Vautour.

Il fut décidé, pour des raisons pratiques, de les fondre en étain parce que ce métal minable fond à 230°C seulement. Vous pourriez le rendre liquide sur votre cuisinière, ce que certains firent.

Première étape : graver le motif choisi dans une plaque de linogravure, à l'aide d'un tas de petits cutter et de beaucoup de patience.

résultat :

Bon, pour l'heure, c'est facile, ça. C'est vite fait, peinard. Un peu brouillon pour un premier essai mais ça ira.

Ensuite, il faut en faire un moule. Dans l'inconscience de ma jeunesse, j'ai utilisé un produit cher, peu fiable, salissant et qui tenait mal la chaleur parce que je l'avais mal mélangé : le caoutchouc silicone. Le pire, c'est le prix, mais c'est pas grave. C'est les tunes de mes gars, après tout.


Le caoutchouc silicone, en pot et une fois coulé et séché.

En gros, il fallait adjoindre à la mixture un durcisseur, sinon ça reste une pâte molle qui tient pas la chaleur. Donc bon. Mal mélangé, j'imagine.


Bon, ça aurait pu être pire.

Ensuite, il faut chauffer l'étain, qui se présentait en l'occurrence sous forme de verres à vin. Je pourrais vous raconter qu'il nous a fallu plonger au coeur des coulées hurlantes d'un volcan, ou brûler une forêt entière de conifères, mais il nous suffit en fait d'un petit récipient en inox et d'un réchaud à gaz.


"Bon, les gars, je sais que c'est joli, c'est brillant, mais écartez vous un peu, ça fait quand même 230°C"
"Rooooh, l'autre."

Après quelques écueils ("Putain, ça déborde, arghh, ça coule sur le goudron, arggh, goudron il fond et reste accroché, aaaah !") nous réussîmes à couler entièrement dans le moule le précieux liquide argenté et fluide comme du mercure. Sept paires d'épaules se courbaient autour d'un moule fumant et refroidissant – ce qui devait fournir une vision rigolote pour un observateur externe – attendant le démoulage final.

Quand enfin, il fut décidé de démouler on vit que le moule avait fondu par endroits et accroché à la plaque. Une fois le caoutchouc enlevé, nous pûmes voir l'étendue du désastre :


Putréfaction et funérailles, c'est quoi cette horreur ?!

Bon. On va retenter. Mais avec un bon vieux moule en plâtre, cette fois.
Nous ne nous avouerons pas vaincus. L'étain, ça se refond.