Pom po-pom pom pom…

En manque crucial de gars, la patrouille recrute.
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dimanche 13 février 2011

Comment rattraper une séance qui foire

Vous êtes CP/sous-CP/CTa(Quatre-Vents), bref, un jeune chef à qui manque encore les rudiments de son rude apostolat. Vous devez organiser un nombre incalculable de séances, donc forcément certaines vont foirer et vous allez vous retrouver dans une grosse période de flottement qu'on appelle le "syndrome galère". Comment rattraper cela ? Rien de plus facile !

Admirez seulement :


Ne me remerciez pas.

jeudi 28 octobre 2010

Camp d'été // PART SIX // Marche de fin

"Aux premiers rayons du jour, leurs langues se délièrent ; avec le soleil, la gaieté revint : c’était comme à la veille d’un combat, le cœur battait, les yeux riaient ; on sentait que la vie qu’on allait peut-être quitter était, au bout du compte, une bonne chose."
Alexandre Dumas, Les Trois Mousquetaires, Chap. XX







15e jour
(4h du matin)
Le travail des cuistots est allé en s'intensifiant, durant les déconstructions. D'abord privés de leur toit, de leurs étals à vaisselle et de leurs établis, ils ont remplacé cet ameublement sommaire, mais devenu indispensable, par des carrés militaires. Enfin, même les carrés durent rejoindre leur habitat naturel : le local matos, ainsi que les barils qui servaient de four ou de réceptacle du foyer. Aussi se trouvèrent-ils le 14ème soir à cuisiner des spätzlis sans huile, à même le feu de veillée.
Mais le paroxysme de cette activité se trouva dans le réveil à 4h du mat' par le CT parce que nom de bleu les cuistots, vous avez foutu quoi ? le coin veillée est dégueulasse, y'a des couverts par terre, des déchets partout et même une casserole encore sur le feu, Putain loic, j'te cause aussi ! Vous croyez qu'on vous file des badges pourquoi ? On avait dit avant la bouffe, pendant la bouffe et APRÈS la bouffe ! Vous devez gérer ça aussi ! Alors vous chopez des fringues, vous vous levez. J'ai pas envie que demain vous perdiez du temps à laver ce boxon, on a mille trucs à faire demain. Donc debout, et vous allez nettoyer ça maintenant !

Je les regardai, du fond de la tente royaliste, s'extirper confusément de leur sac de couchage, et me replongeai dans le sommeil, en me rappelant avec joie que je n'étais pas badge cuistot, mais reporter.


Reporter, un boulot de planqués, surtout au pays des Soviets.

*
* *

(8h du matin)
Stress. Vite. Schnell. Rangement des tentes accéléré, quitte à laisser plein de bouse étalée sur leurs façades, ou à coincer des feuilles mortes entre les couches de toiles. Ca fera toujours un petit herbier quand on la dépliera à nouveau.


"– Chef, chef, regarde ce que j'ai trouvé dans les plis de la tente, c'est beau, hein ?
– Oui, c'est magnifique mais MAGNE-TOI DE PLIER TA TENTE ON PART DANS QUINZE MINUTES, TAS DE NEIGE !"


On est tellement à la bourre qu'on a du préparer le petit déj' en marchant. C'est pas si drôle dit comme ça, mais c'était tartines ce matin. Et je ne sais pas si vous aviez déjà tenté de manier un couteau, une tranche de pain et un bocal de confiture, entravé par un sac :

"– Mais tiens moi ce foutu pot de confiture ! T'faut un CFC pour ça ?
– Arh, ça glisse, crétin ! et passe-moi ton couteau, toi !
– Mais il est où le pain ?
– Je sais pas.
– Mais, 'Dedieu, t'es badge topo et t'es déjà pas foutu de trouver le pain ? On est bien partis."

Très distrayant. Pour quelqu'un qui n'aurait pas une suprême envie de manger, genre une tartine.

*
* *

Alors que les nuages nous ont oppressés tout au long des derniers jours, le ciel aujourd'hui et vide de tout parasol météorologique, et le soleil s'en donne à coeur joie pour vous détruire la nuque et calciner la plaine d'une chaleur de pierre. (27°C disait un thermomètre, mais bon, c'est une estimation officielle, d'après les syndicats, il faisait plus)
Cette marche fait peur. Comprenez-nous, on a déjà fait plus, genre les 100kils, mais avec sac à dos, c'est pas pareil. Et puis à la fin, on a droit au BloodBall, le terrible Gourdball dans les orties et les ronces, monstrueusement saignant. Comment, "pas tant que ça" ? On doit le faire en slip, morbleu !

Alexandre et Corneille passaient leur badge topo et menaient donc la marche sous les quolibets déplaisant de leurs camarades. Il est fou de voir que les meneurs obligés de prendre des décisions difficiles (genre marcher) et qui abreuvent leur peuple de statistiques erronées ("– On y est dans cinq minutes. – Ca fait deux heures que c'est cinq minutes !") se trouvent couverts d'un monceau de mépris. Ainsi cette chanson pamphlétaire qui s'élevait des rangs PVL :

On s'présente on est les badges topos !
Gnagnagnagnagnagna ! (en choeur)
On voulait trouver le canton de Vaud !
Gnagnagnagnagnagna !
On est perdus comme des pélos !
Gnagnagnagnagnagna !
A caus' de ça on a plus d'eau !
Gnagnagnagnagnagna !

Merci les badges… Topos !

A leur décharge, il fallait admettre que les fontaines indiquées sur la carte étaient toutes asséchées, qu'ils ne se sont pas perdus mais ont eu cependant quelques démêlés avec le plan de marche ("combien de temps il reste jusqu'à Oron-la-ville, chef ?" était une question à la réponse fortement débattue).

(Midi)
A mi-chemin, Bryan alias Nain de Jardin alias Roi Louis et Ourson nous ont rejoint avec une collation en majeure partie constituée de charcutaille, pain et fromages. Une quantité impressionnante de mouches sembla se matérialiser autour de notre buffet improvisé. Ce fut aussi l'occasion de percer ses cloques, d'ajuster ses béquilles ou de remplacer ses pieds par des prothèses.
Quelques images de ce festin fort bienvenu :


Notre CTA nous montrant que le fitness finit par porter ses fruits


Le Régent Lynx et le CP Vautour

"DIX-DOUZE ! COUZ !"



L'auteur des photos. Oui, c'est un rétroviseur. D'une voiture. Tu sais, le truc qui sert à ne pas marcher.




Mathieu ! Woh, la casquette !



Jules en a marre de crier Waka-Waka, ça lui fait des crampes de machoîres.


"Vautour CREW ! RPZ !"


"Allez, on arrête les câlins homo-gangsta, c'est laid."

(Copyright photos : Nain de Jardin/Roi Louis {Rayer la mention inutile})

Puis la marche reprit, et cette fois-ci, ayant retrouvé mon appareil coincé dans mes cheveux(hé ouais après une semaine sans me coiffer, j'avais de sacrés noeuds.) je pus prendre moi-même des photos, c'est pourquoi elles sont plus moches et de mauvaise qualité :

"Chef, chef ! Y'a plus de passage piéton ! On fait quoi ?!"


Au premier plan, la hache Puma, relique sacrée s'il en est.


"Hé les copains ? Chantons pour y mettre du coeur à l'ouvrage !" semble dire Corbeau à une troupe sur-motivée à bloc, trop au taquet.



Pour passer son badge topo, ambiance caillera. Training requis.


"Stalingrad, J'y étais !"


"Les gars, regardez ! Des brunchs à quatre pattes !"


"Putain, attendez-moi, les mecs !"





"- BADGE REPORTER REPREZENT !
- CASQUETTE SCCCCCOUUUT !
- BANG BANG PVL !" (oui, on sait pas pourquoi pierre mimait un pistolet avec ses doigts)




Le badge reporter ralentissant pour éviter d'écrire de travers, il prend du retard sur les autres. Mal-aimé, je suis le maal-aimé…




On dirait pas comme ça, mais là, on causait de Pokémon©. Et mon "béret" fait trop parisien, soit dit en passant.



Panneau autour duquel l'arbre a poussé au cours du temps.






Photos de paysages.


(18-19 heures)
Ensuite, nous arrivâmes à Oron-la-ville ou notre maîtrise de Troupe nous avait dégotté une superbe grange rembourré d'un foin agréable. Les épaules coagulées sous le poids de notre fardeau, on put s'effondrer momentanément, panser ses cloques, etc.


"Oui, Jules, t'as des cloques aux pieds. Tu veux ton badge pedicure ?"





La cour de la ferme. Eh, oui, les paysans ont besoin d'un prix du lait équitable.




(Copyright photos : Nain de Jardin/Roi Louis {Rayer la mention inutile})

"Chef, chef, j'ai mal à la tête" geignait mathieu
"C'est parce que tu es déshydraté", répondit Corbeau avec la patience d'une souche. "Bois de l'eau."
"Mais j'ai déjààà bu de l'eaaauuu...Cheeef !"
Se faire appeler "chef, chef" a déjà le don de tendre les nerfs. Si en plus c'est parla voix geignarde d'un gars déshydraté, c'est limite. Corbeau semblait ployer sous le poids de son devoir, plus que de son sac à dos. Etonnamment une lueur éclaira son regard.
"– Mathieu ?
– Oui ?
– Tu as déjà pris du placebo ?"

Les traits crispés de Mathieu se détendirent sous le coup de l'interrogation.

"Euh… Ch'crois pas, non… C'est quoi ?"

Personne dans la grange ne devait ricaner, sourire ou laisser transparaître quoi que ce soit. Mais une ambiance de bonne blague de collégiens se répandait dans les esprits des spectateurs.

"Ben, tu vois, c'est comme du Dafalgan© mais avec un goût moins dégueulasse, avec moins d'effets secondaires, genre vomir, ou comme ça." annonça Corbeau avec le sérieux d'un sénateur paralytique.

Certains des dormeurs étendus parmi les bottes de paille semblaient se redresser sur leurs coudes, comme pour mieux assister au miracle médical, d'innocence et d'ignorance mêlées.

"C'est vrai", renchérit une voix imbriquée dans l'ombre de deux fétus, surprenant tout le monde. Les lunettes d'Epervier, deux ovales blanc opaque sortirent des ténèbres. Il porte bien son totem.
"D'ailleurs, Mathieu, si tu prends un placebo, pas de Red Bull, la caféine ça interfère."

Quelqu'un baragouina quelque chose à propos de la caféine qui rétracterait les vaisseaux sanguins de la tête, annulant l'effet du placebo, avant de ressombrer dans le sommeil.

"Ouais.", renchérit corbeau.

On retenait son souffle tandis que Mathieu pesait le pour et le contre, Energy Drink contre mal de tête. Nous avons très sérieusement présenté les très sérieuses modalités du très sérieux médicament, qui se présentait sous forme de cachets blancs, que contenait un très sérieux flacon orange avec une étiquette au look sérieux au possible. Tout dépendait du fait que Mathieu, au propre comme au figuré, avale la pilule. Finalement il le fit.
Il commençait déjà à prendre l'air de qui va mieux de par l'absence de ses tourments, avant que Corbeau n'ajoute :
"Bon, faut tout de même dix-douze minutes pour que ça agisse."
"Oh… Ouais…" dit Mathieu, rentrant à nouveau dans le rôle. Dix minutes plus tard, chrono, il allait mieux.

Epervier recula dans son nid d'aigle, en hauteur, chacun se rallongea et poussa un soupir intérieur, et se rendormit probablement, les plaies désinfectées et le dos soulagé.

Mc PVL
On l'a attendu tout le camp d'été, parfois, au plus fort de la marche, gavé de biscuits, notre système digestif adressait au monde une supplique muette : Vite, un Mc PVL !
Pour résumer, c'est un méga cheeseburger, mais en bon, et fait par nous-mêmes. Les propriétaires de la ferme nous prêtèrent un magnifique barbecue.

Thibault en train de faire disparaître les corps, de cuisiner.


Les Mc PVL




Vue satellite des monstres.



Après délibération tendue et arbitraire, le vainqueur fut Husky, qui aura le droit d'avoir son Mc PVL affiché dans la Cloque, le jour où il y en aura une.

Il se trouve que la stratégie Vautour c'est d'en faire un, le plus moche possible, pour pouvoir le manger tout de suite.



"Bon, on s'ennuie, faut wensher quelqu'un."



Séance Wensh'. Pierre se marre, sans penser que ça va p't'être être son tour après. Moi, je me planquais aux toilettes, en arrière-plan, parce que bon, chuis pas maso, non plus.

A propos de sanitaires, il est bon de noter que le propriétaire des lieux mit même à notre disposition une DOUCHE ! Qui te permettait de te laver avec de l'eau CHAUDE, genre, euh, comme dans une casserole ! De l'eau chaude, mec !

Puis, on nous intime de venir, un caisson de torches à la main. Les deux Grands Anciens Vautours (Rat et Coyote) étaient là aussi, incidemment. On s'éloigne dans un champ désert à proximité, et est venu le temps de la…


Veillée de Promesse.

"Et ceux qui ne formaient pas le cercle, ceux-là tenaient le drapeau."
Carnet de notes du sCP-Vautour (8:12)

La troupe se déplaçait avec un silence inhabituel. Une fois rassemblés à proximité d'habitations on dénota l'absence des pumas du puma, Gibbon, qu'on envoya quérir. Afin d'éviter de réveiller les campagnards, les cris furent, cette fois-ci, murmurés :
"- Puma toujours plus agile !
- Vautour fly to your res… cue !
- Lynx attaque toujours de… face !
- Perceval hors des… murs !"
Une vague explication fut donnée à propos des chefs qui rentraient plus tard dans les tentes, et s'avancèrent Corbeau, Husky, Corneille et Nain de Jardin afin de prononcer solennellement leur Promesse :

Je promets sur mon honneur (et avec l'aide de Dieu) de faire tout mon possible pour servir (Dieu, ) ma patrie, aider autrui et obéir à la loi de l'Eclaireur.

Les parties entre parenthèses sont facultatives.


Puis on alla se coucher, tandis que Coyote, Rat et Nain de Jardin préférèrent rentrer de nuit, puisqu'eux n'avaient pas eu à marcher de la journée, ils n'éprouvaient aucune fatigue. Quelques photos prises par Nain de Jardin :








Oui, elles sont dans le désordre, mais la flemme, quoi.


16e Jour.

On se fait réveiller par des chenilles compresseuses soutenues musicalement par Sexion d'Assaut. Pour rendre un réveil agréable, rien de mieux que de gâcher celui de ses voisins en les écrasant sous votre poids, et leur roulant dessus de l'intérieur confortable de votre sac de couchage.

Aujourd'hui, tout le monde voyage par magie. Que ce soit l'avion, la voiture ou le train, ce sont de grosses machines qui font défiler le sol sous vos pieds, sans vous faire ressentir le chemin. Alors que la marche de fin de camp vous enfonce dans les pieds chaque mètre qui sépare le camp de votre maison. 50km en deux jours, sac au dos, ça reste assez rude.

Au contraire de Christophe Colomb, qui savait que son périple aboutissait lorsqu'il aperçut une terre à l'horizon, nous poussâmes des cris de joies lorsqu'apparu à l'horizon une familière étendue d'eau, le Lac Léman !

"Bon sang, une montagne à l'envers. Que… Mais non, ce n'est pas une montagne à l'envers c'est un reflet ! Que dis-je c'est un Lac, c'est le Lac Léman ! Tralala youpiyah !"


"Ah ben ça fait du bien de savoir qu'on est enfin sorti de chez les bouseux. Et c'est bien la première fois que les badges topos parviennent à trouver de l'eau."

Bloodball
A poil dans les orties, deux équipes d'apollons se sont affrontées dans un monstrueux champ de ronces. Ce fut sanglant. Les trois premiers points, en particulier, je pense que tout le monde sera d'accord pour dire Moret se souviendra longtemps, aidé en cela par le magnifique motif de cicatrices qu'il a récolté.

(J'attends les photos avec une impatience difficilement contenable)


Puis jusqu'à la cabane des Quatre-Vents, le bras de fer avec les badges topos s'accentua :

"– Allez plus que 7 kils !
– Mais t'avais dit 7 y'a 20 minutes !
– Nan, c'était les kils-efforts."

Ouuuh, ils essayent de t'enfumer derrière leurs notions techniques incompréhensibles, tu vois.
Mais nous aboutîmes enfin à ladite cabane, pour le rass' final.
Là furent distribués les derniers hommages, à savoir les aspirants, deuxième classe, badges récoltés au sein de la troupe ainsi que les dernières vivres qu'on put se répartir à coups d'arguments d'ordre physique. Ayant eu mon aspirant, alors que c'était mon premier camp, j'allais, ému, m'avancer pour faire un discours de de remerciement mais on me notifia que ce n'était pas nécessaire.
Ultime coup du sort : on apprend que Moret est sous-CP Lynx, et malgré cette distinction nouvelle, il ne s'embarrassa pas de pécadilles, comme, par exemple, arriver à l'heure pour qu'on annonce la nouvelle, tiens.
Derniers cris. Un tour de poignées de main final, et direction la maison.

Je sais que, habitués au niveau exceptionnel de ce blog vous vous attendiez à une chute d'une monstrueuse puissance, mais ici, ce n'est pas le majordome le coupable, je ne suis pas votre père, je n'ai pas obtenu une lieutenance dans les mousquetaires de Louis XIII, le camp 1012 est juste fini.



…To be continued on summer 2011…

mardi 7 septembre 2010

Camp d'été // PART THREE // Week-end de patrouille !










7ème jour

Week-end de patrouille de troupe. Sans la Haute Troupe (j'ignore si ça se dit) qu'on a malgré tout croisée à l'occasion de nos emplettes.


Bien sûr, après une semaine, on sait qu'il existe une civilisation supposément occupée, en dehors du camp, à toutes sortes d'activités autres que se taper dessus à coups de masses en mousse(Ah merde caca j'ai oublié d'en parler, des arènes de masses en mousse argh !), mais ça fait toujours un choc de voir des blocs de métal – Oooh ! – rouler sur des rails par une sorte de magie – Waaah ! – et de revenir à la surconsommation capitaliste au confort du monde moderne.


Mais on ne peut vivre en marge de la société impunément : les gens le remarquent. Même le conducteur du train semblait vouloir nous notifier notre décrépitude :

Oui, on sait, on est sales, pas besoin d'insister, nan ?


Nous aboutîmes à Charmey, village splendide où nous avons acheté un chalet, pour dormir dedans.


C'te blague.


Notre première préoccupation fut de… Ben, manger. Mais disons, notre deuxième fut de trouver un logement, justement. Après une dizaine de visites à l'office du tourisme et une grande quantité de salive versée devant le décolleté de sa mère la pute alléchant de la préposée au guichet (Laissez des prépubères macérer une semaine entre eux sans présence féminine et au moindre bout de nichon, on risque l'émeute) Nous en trouvâmes un.



La Piscine.

Les vestiaires de foot. Extérieur…

…Et intérieur.




"Bon les gars, le campement est tellement miteux qu'on risque de nous prendre pour des roms et de nous rafler alors gardez vos foulards !"


Oui, les vestiaires de l'équipe de foot locale nous furent concédés par le gérant de la piscine avoisinante(ou nous fîmes une séance d'anthologies pleine de torticolis, de collisions et de bogossitude). C'était vraiment super sympa de sa part. Masta place à disposition dans lesdits vestiaires, ce qui provoqua un petit différent :


"– Chef, on a deux vestiaires de taille égale. Comme on est 14, on en mets sept de chaque côté, donc ça fait pile poil les vautours d'un côté et Lynx et Puma de l'autre.

– Nan, en fait on va faire chefs d'un côté et gars de l'autre.

– Mais ça fait 10 et 4, c'est complètement déséquilibré !

– Oui, mais c'est parce qu'on va tourner un film porno, histoire de renflouer les caisses de patrouille, donc pas le droit au moins de seize ans.

– Mais Thibault, il a moins de seize ans !

– Oui, lui, il tiendra la caméra."


Non, en fait, c'est juste parce qu'on veut de la place. Quand on est entassés dans les tentes, imbriqués les uns dans les autres, on ne peut se retourner sans meurtrir son voisin, c'est pourquoi nos corps libérés de cette pression purent s'étendre et dériver à travers les vestiaires (je me suis personnellement réveillé à la perpendiculaire de mon matelas).


Une fois ce partage équitable de l'espace effectué (j'entends des grommellements dans le fond), j'ai été me balader vers le bosquet qu'une route séparait de notre logement provisoire. Ce talus couvert d'arbres avait été le théâtre d'uncertain tumulte. Les branches détrempées, pourries, ou simplement difficiles d'accès (un talus raide plongeant après les deux premiers mètres de végétation) avait été décrié par les badges feu alors qu'ils effectuaient leur morne collecte de combustible, néanmoins indispensable à la préparation d'un repas chaud. Loin de l'aura d'autorité de nos augustes CTs, nous dûmes recourir à milles ruses pour motiver nos gars, et les gars des autres.








Tout au long de la journée, un gris inégal avait zébré le ciel avec constance. Lorsque les nuages se disloquaient, ce n'était que pour laisser paraître de plus grosses et plus épaisses promesses de pluie. Le soir approchant, ils s'espaçaient et s'étendaient, filandreux entre les monts, laissant voir des pâturages mieux choyés par le soleil. Le soleil, justement, absent comme un père irresponsable, ne daigna se montrer que pour tirer une révérence embrasée. La colline de larges hautes herbes, parsemées de fleurs blanches, tranchait sur l'horizon comme une falaise. De l'autre côté, le rayonnement de quelque incendie de forêt découpait comme au chalumeau l'arbre solitaire qui surplombait le monticule.


Tandis que j'escalade les derniers mètres, mon souffle raccourcit.


Puis le souffle manque. C'est juste malade. Quand on voit ce genre de trucs on comprend pourquoi le seigneur des anneaux a failli être tourné en suisse. 'Manquait plus qu'une charge d'orcs et un peu de musique épique pour vous faire croire à une apocalypse imminente.





FIIIIIIRRRREEEE !


Alors que je contemplais ça, bouche bée, je me rendit compte que j'étais au pluriel : Thibault et quelques autres m'avaient rejoint. Thibault dit : "Wah… C'est beau."


Il aurait pu laisser un silence pensif afin que chacun de nous infuse de la vision flamboyante mais il ajouta :

"Bon. Je vais chier."


Il n'est pas CP Puma pour rien.


*

* *


Une fois que j'ai vu ça, j'ai dévalé la pente, décidé à ramener mes gars pour leur faire partager ça de gré ou de force, sans plus tenir compte des litres d'eau qui s'accumulaient dans mes godasses. Une fois parvenu à la piscine, je les trouvai accolé à la vitre, en train de mirer les formes luisantes des nageuses à l'intérieur. Hé les mecs, venez, y'a un coucher de soleil de malade on dirait un feu de forêt ! OUAIS MAIS PUTAIN QUOI LES BONNASSES ELLES ONT DES NICHONS. Oui mais bon, des nichons t'en a plein ton disque dur, alors ramène tes miches. OUAIS MAIS ATTENDS JVAIS FAIRE LA COURTE ECHELLE POUR QU'ON AILLE MATER DANS LES VESTIAIRES ! Bon, un dernier truc à dire pour ta défense ? BOOOBS ! Ok.


C'est pourquoi une seule moitié de la dream team Vautour est présente sur cette photo. La meilleur moitié j'entends :



Petite séance photo de groupe...


Et finalement les Lynxs, seuls, on n'est pas radins, allez. ^^


Encore quelques unes pour la route :





Et finalement la meilleure : L'HISTOIRE DE LA VIE !


PARTOUT OÙ TU VAS, TOUJOURS IL EST LÀ !!!


Les arbres solitaires et les CPs Pumas et Lynx.

Non, cet espèce de lézard n'a rien à voir avec quoi que ce soit mais je savais pas où le caser.



Pour les autres photos, elles sont toutes disponibles sur cet album picasa !
Et, quand on va se coucher, c'est les yeux chargés d'or bouillant et la tête pleine de la certitude qu'au moins, c'était sans doute mieux que de mater secret story, comme devait le faire la moitié de la vallée et Anthony qui, comme chacun sait, voit chaque soir un coucher de soleil sur le Moleson, on a compris, merci…


*
* *

8ème Jour.

Puis c'est le réveil, le soleil chauffe votre visage, les oiseaux chantent dehors, histoire de faire comprendre qu'ils se sont levés à cinq heures du mat' et n'en souffrent pas. Eux, au moins, pour se lever, n'ont pas besoin de la sonnerie de natel de Thibault qui…

Ah ben, en fait, non.

Y'a pas eu de sonnerie.


Sursaut général.

"– Putain Thibault c'est quelle heure ?

– Eurghhwmmnnggn… Neuveurékar.

– Oh, myxomatose et glycérine."


J'allais m'interroger sur la provenance de ce juron quand, soudain, la porte s'ouvrit à la volée.


"– Chef, chef ! Vous aviez dit qu'on devait se lever à huit heures et là il est neuf heures et quart, on fait quoi ?, gémirent dix voix angoissées.


Je sais plus ce qu'on a répondu, mais je crois qu'on a juste soupiré.


*

* *


Ah, la civilisation. Quand on est une bande de bogoss du 1006 comme la patrouille Vautour, il est déplaisant d'avoir à se contempler dans la lame de son couteau suisse. C'est pourquoi, autant les pumas se soulagent de pouvoir poser une pêche sans avoir à accomplir un numéro d'équilibriste, pantalon sur les chevilles, autant, nous, Vautours, sommes heureux de pouvoir nous admirer dans un miroir. Tout un symbole, en somme.



On se moque de nos compères feminins quand elles s'adonnent aux débauches du shopping. Pourtant, il est des circonstances où l'on réagit exactement pareil. Des rangs de scouts s'extasiant autour des étals, s'arrachant des ustensiles, rêvant d'acheter tout ce qui leur tombe sous la main :


Le surplus militaire.


Des carrés militaires, un avion, des haches, des pelles, des pioches, des gourdes, des gobelets telescopiques, des faux gallons allemands, des casquettes d'officiers (Non, corneille, elles sont pas à l'envers, ces casquettes) un avion, des boilles de thé, des barils, des tentes des gamelles, des machettes grandes comme un fémur, des couteaux à faire pâlir vos testicules rien qu'à les regarder et un nom de bleu d'avion !



Épervier dit :


Bon, ça fait trois fois que tu le dis, alors, oui, on a compris, il y a un avion au milieu du magasin et ça semble avoir fait forte impression sur les esprits simples de certains sous-CPs.


Oui mais bon, un avion au milieu d'un magasin, c'est pas banal !


Épervier dit :


On aurait tout de même pu se faire l'économie de ces répétitions. Les kilo-octets, ça pousse pas sur les arbres. Et la bande passante, non plus.


Notre route croisa celle d'un certain Jonas, qui portait sur son gilet de manutentionnaire le badge du camp fédéral Contura, ce qui éveilla notre suspicion. En effet, soit nous avions affaire à un scout, soit à quelqu'un qui avait racketté ses fringues à un scout. De son côté, la déduction fut plus simple : si un badge Contura avait pu se retrouver par hasard sur un gilet quelconque il est peut probable que quinze personne se soient habillé en chemise foulard par un pur hasard. En effet, si un nombre conséquent de gens tend à importuner les scouts et à leur voler des affaires, il est très difficile d'imiter l'état de saleté d'une troupe d'éclais après une semaine de camp. Avec la puanteur associée, on peut ainsi identifier formellement un scout, en plus de ses oripeaux(chemise/foulard) avec la précision d'un code barre.

C'est ainsi qu'il se présenta à nous comme l'un des chantres du mouvement des scouts bullois, dont l'office du tourisme, malgré son décolleté avantageux, semblait ignorer l'existence. Il nous en donna l'adresse, que moi et Husky nous empressâmes de compiler dans nos calepins. En effet, puisque la mémoire de la troupe est profondément usée par le manque de caféine de sommeil, c'est aux badges reporter que semble revenir l'ancestrale fonction de compiler tout ce dont il faudra se souvenir plus tard, histoire d'aller jeter un oeil sur leur site.

Comme c'est chose faite, je pense pouvoir affirmer que le Jonas en question n'est autre que Jonas Monême, responsable adjoint de leur deuxième branche, qui a récemment réussi son cours Tip, cours de connaissances du scoutisme (Pour les interessés à la consultation du manuel des scouts fribourgeois sur ce domaine, c'est ici [PDF]) qui prépare à la licence A. J'en profite pour le féliciter, s'il passe par là ! B-R-A-… Non, vraiment pas ? Bon.$

Après une semaine de camp, un CP Régent Lynx, ça peut ressembler à ça :

Et une troupe d'éclais, à ça :

Qui a dit "comique de répétition" ? Corvée de vaisselle.

Puis, c'est l'heure de rentrer au camp pour un super festin médiéval ou nous dégustâmes de bons poulets rôtis, qui avaient été farcis à la main par nos CTs (quoiqu'il y ait un doute sur quelle partie du corps servit à le farcir, mais bref) Inutile, je crois, de dégoiser plus avant sur les bonnes manières de la troupe... Par contre, on put très nettement observer une carence autour de la chanson Petruschka, que même le chansonnier délaisse.





Acclamez le… POUUUULEEEEEET !!!

Je suis toutefois navré de n'avoir pas plus de photos du banquet à proposer mais que voulez-vous, il est difficile d'en prendre quand on est occupé, d'une main, à dépiauter un poulet, et de l'autre, à se battre pour pouvoir la conserver.


Cela fait tout de même du bien de rentrer… Après tout, demain, c'est la journée des parents. Il y aura vraiment un petit parfum de retrouvailles dans l'air. Et de saucisses, puisque c'est barbecue.

(Pour les photos, merci à Corneille qui a asssuré sur ce coup-là !)